September 23, 2008
Lettre à l'Anonyme
Ma première lettre de l'automne sera pour vous, l'Anonyme, et j'espère bien que vous la lirez! Car pour une fois, le propos qui s'adressera à vous ne sera ni haineux, ni arrogant, ni même sarcastique. Il sera élogieux et sincère, en peu de mots, le voici: Je vous remercie.
Je vous remercie d'avoir été le premier de mes mentors à considérer comme une qualité mon culot monstrueux.
Je vous remercie de m'avoir imposé l'envers de la médaille et de m'avoir forcée à l'examiner.
Je vous remercie de m'avoir convaincue d'ébranler mes convictions en écoutant des discours contraires au mien.
Grâce à vous, j'ai fait la connaissance de gens extraordinaires qui, sans partager mes idées, partagent ma passion du débat, de la controverse et de la vie...
Et parce que du choque des idées, la lumière jaillira... Je vous remercie mon ami, si du moins je puis vous considérer ainsi!
Bises
Mía
August 19, 2008
Nouvelle Job... et la philosophie qui va avec!
La job? Traductrice/Correctrice. (ça se met bien dans un CV avouez...)
Traductrice de quoi allez vous demander? LOOOOOL! Permettez moi de rire à l'avance du visage que vous aurez en lisant ceci. Car en fait, je traduis des instructions pour l'utilisation de chandelles sans flamme (qui fonctionnent à piles)... un autre produit de consommation parfaitement inutile d'inspiration américaine... qui se vend surtout aux États-Unis. Et c'est d'ailleurs pourquoi la petite compagnie pour laquelle je travaille n'a pas jugé bon de franciser correctement le mode d'emploi de son magnifique produit... avant mon arrivée!
Honnêtement, je vous surprendrai peut-être, je suis contente de faire ce travail. J'ai l'étrange sentiment que j'aide, plutôt minimalement il est vrai, à faire respecter ma langue.
Comme quoi la connaissance de la langue anglaise aide à faire respecter la langue française... (Un petit "vlan dans les dents" à mes chers amis souverainistes puritains!)
Bilinguement vôtre, (*bientôt trilingue, je me tue à l'espagnol*)
Mía
August 14, 2008
MÍA , AGRESSÉE DANS UN PARC?!?
Ok, le contexte est simple: Je découvre la métropole en vélo, ces temps ci. Ce matin, durant mon errance habituelle, je décide de m’arrêter dans un parc dont les bancs ont l’air particulièrement confortables. Un homme s’approche.
-Hé! C’est interdit de rester dans le parc!
Par réflexe, j’ignore l’importun…
-Jte dis! Tu vas avoir la police après toi!
Puis, devant mon mutisme,
-Ah non! C’est vrai! Toi t’es blanche…
J’ai, soudain, naïvement réalisé que l’homme était noir… et je l’ai reçu comme une gifle. L’homme avait continué son chemin. Je l’ai poursuivi sur mon vélo.
-Monsieur, commençai-je, je ne m’excuserai pas pour les erreurs d’un autre. Ce n’est pas parce que certains ont des préjugés envers vous que vous devez en avoir envers tout le monde. Moi, ajoutai-je, je n’ai pas de préjugé.
Nos regards se sont croisés.
-C’est tout pareil dans vos têtes esti, me répondit-il, borné.
Je hurlai,
-Monsieur, peu importe la couleur que vous êtes, vous êtes un taré. Parce que vous êtes un raciste, aussi raciste que l’assassin de Freddy! Esti!
J’ai juste eu le temps de voir la main du type se lever… Jamais Ernesto, mon fidèle camarade rouge à roulettes, n’aura roulé si vite. Même une fois mes neurones refroidies, je me demande encore pourquoi je n’ai pas craché aux pieds de ce type.
Descansa en paz Freddy… Grâce à toi, on sait à quel point notre pays est peuplé de tarés!
August 11, 2008
LE CONGRÈS DU MONDE...
-Don Alejandro sait ce qu'il fait.
(...) Don Alejandro:
-La tâche que nous avons entreprise est si vaste qu'elle englobe -je le sais maintenant- le monde entier. Il ne s'agit pas d'un petit groupe de beaux parleurs pérorant sous les hangars d'une propriété perdue. Le Congrès du Monde a commencé avec le premier instant du monde et continuera quand nous ne seront que poussière. Il n'y a pas un endroit où il ne siège. Le Congrès, c'est les livres que nous avons brûlés. Le Congrès, c'est les caledoniens qui mirent en déroute les légions de Césars. Le Congrès, c'est Job sur son fumier, c'est le Christ sur sa croix. Le Congrès, c'est ce garçon inutile qui dilapide ma fortune sur des prostituées. (...) Il ce peut que nous ne nous revoyons plus, car le Congrès n'a pas besoin de nous, mais en cette dernière soirée, nous allons aller le contempler...» -Jorge Luis Borges, extrait du Congrès, un conte du Livre de Sable.
Je trouvais ça juste beau, je vous l'offre...
Bises littéraires,
Mía
August 03, 2008
CHRONIQUE D'UNE BOURGEOISE RÉVOLUTIONNAIRE TRAVESTIE EN COL-BLEU...
9h 30, une table à pique-nique donnant sur le stationnement d'une usine perdue en banlieue -Mía ne s'étant pas trouvée d'autre job, travaille au salaire minimum, 8h par jour dans l'entrpôt de l'usine en question, section des emballages. À 9h 30, c'est le Nirvana (une pause de 15 minutes). Mía avale un café et s'élance à l'extérieur, prendre une bouffée d'air agrémentée de la fumée des cigarettes. Elle est là depuis 3 jours qui lui ont semblé une éternité chacun. Une chance qu'il y a E*...
E m'a sauvé la vie. La première chose qu'il m'ait faite avant même de me connaître, c'est un massage.
"Relaxe, t'es assise, tu as pas de stress à coller tes étiquettes, tu as une job qui te demande de la concentration et du doigté et pas tant d'énergie. Tu vois ce type là bas qui soulève des caisses dans l'entrepôt, lui y'a un job de marde. Pas toi. Pis? T'es contente finalement d'avoir ce job?".
Ce à quoi j'ai répondu, les yeux ronds. "Oui E!"
Depuis ce jour, E n'a fait que me faire rire... à en brailler!
"Tu sais, ce job à un mérite.
- (voix exaspérée) Ah bon? Lequel?
-Il te montre ce que tu ne veux absolument JAMAIS faire de ta vie!
-Bien vu!"
-Tu crois à l'indépendance?
-Oui.
Silence.
-Toi?
-Non. Plus maintenant. Je vais même plus voter. La politique me fait chier. À cause de Marois qui a foutu le bordel en éducation, j'me suis ramassé mecanicien dans une usine. Tu parles que je vais voter pour elle! Fuck it! Vive l'Anarchie esti!
-E! Christ! Y'a du monde qui sont morts pour que t'ailles le droit de vote! T'es un esti d'ingrat de pas l'exercer!
-Hah! Pourquoi voter? Ça change rien!
-Pis descendre dans'rue ça change du quelque chose?
-Oublie ça esti! Je suis descendu dans'rue! J'me suis battu! Pis quand je me suis retourné, yavait plus personne esti! Ça marche pas les révolutions au Québec!
-Tu sais pourquoi ça marche pas? Parce que y'a du monde comme toi qui abandonnent, esti!
Mía rentre dans l'usine, frustrée et va reprendre la job dans l'entrepôt. Elle travaille à genou car la table est trop basse *ou c'est elle qui est trop haute... A, qui travaille à côté d'elle...
-Mía? La table est trop basse? Tu peux changer, tu vas avoir mal aux genoux!
-C'est beau, j'en ai plus pour longtemps de cette tâche.
E qui passait par là...
-Hah! T'en fait pas, ct'une Québécoise, elle est habituée d'être à genoux.
La rage.
-Hey! Tu vas revenir pour que je te dise pour qui j'irai voter finalement?
Incompréhension...
-Non, fit-il après un moment, en fait, ne reviens pas. Ne reviens jamais ici. Fais ce que j'aurais dû faire: Étudie comme le Christ, deviens quelque chose dont tu seras fière et lâche l'arnarchie pis la révolution lah! C'est pas bon pour toi!
-Oui, Oui et Jamais!
-Dans ce cas, j'irai voter, juste pour toi!
Bref, cette semaine, j'ai rushé, mais j'ai appris en christ...
July 26, 2008
SI VOUS Y CROYEZ...
Si vous croyez que chaque individu a le pouvoir de provoquer un changement pour le mieux dans notre société ou sur notre planète...
Si vous croyez à l'engagement, au respect, à l'action et à une révolution quelle qu'elle soit...
Si vous y croyez, ou peu importe, s'il s'agit d'un simple souhait,
Je vous encourage fortement à aller ratifier la Grande Déclaration rédigée par l'Institut du Nouveau Monde, un organisme qui prône l'action citoyenne individuelle pour le changement global! (Vous en saurez plus ici http://www.inm.qc.ca/index.php)
BREF, ÇA PREND 4 SECONDES ET PLUS ON AURA DE MONDE, PLUS LE MONDE CHANGERA VITE ET POUR LE MIEUX!
Un merci chaleureux à ceux qui iront,
Des gros yeux à ceux qui n'iront pas,
Et des bises fraternelles à ceux qui se reconnaitront!
Mía
July 21, 2008
ON DIT QUE LES VOYAGES...
21 juillet 2008- Mía vient de rentrer d’un voyage de cyclotourisme de 3 semaines dans les provinces maritimes.
C’est donc avec mes mollets d’acier et ma peau admirablement carbonisée que je suis revenue, pour hanter mon petit nid dans le cyberespace… et le vôtre bien entendu!
June 12, 2008
L'ÉTÉ, IL FAIT TROP BEAU POUR BLOGUER!
Comme vous vous en doutez, la fin d'année, les examens, les adieux, les vacances, les voyages, feront que je serai probablement totalement négligente pendant quelques semaines (jusqu'au début d'août en fait...). Je voulais donc simplement vous dire que j'ai trouvé très agréable ma courte expérience de blogage, et que je reviendrai donc, un jour, reposter sur le Pays des Paradoxes...
Seulement, j'ai vraiment besoin de refaire le plein d'inspiration, de sujets frustrants sur lesquels fulminer ou de sujets merveilleux sur lesquels m'extasier. Et d'ailleurs, j'aurai sans doute plein d'aventures abracadabrantes à vous raconter... À mon retour en août!
Bon été chers blogueurs!
Mía
June 05, 2008
L'EXAMEN D'HISTOIRE (suite)
5 Juin 2008, un local ensoleillé, silencieux, l’examen final d’Histoire commence à 1h45… dans 5 minutes.
* * * * * *
J’ouvre le cahier, jette un coup d’œil à la question, soupire.
«Pourquoi le gouvernement du Québec a-t-il changé sa politique nataliste en 1997?»
J’écris quelques lignes sans grande conviction.
La page est looooooongue. Lignée jusqu’à l’infini. Je la retourne. La feuille est blanche, immaculée, l’arme ultime. Je trace quelques lignes. Les images se bousculent dans ma tête. Un titre. D’abord, un titre : «UN NOUVEL ASPECT DE LA POLITIQUE NATALISTE DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC».
Au premier plan, une bande d’étudiants bien sages, en rangs bien droits, fixent le vide de leurs yeux en spirales. Au dessus de leurs têtes une énorme bulle se rattache à leurs cerveaux (même s’ils ont l’air d’en être dépourvus) «Y FAUT FAIRE DES BÉBÉS…».
Au second plan, dans un cadre à part, Jean Charest, sa Moumoute Diabolique et Michelle Courchesne regardent la scène en se frottant les mains. Ils rigolent, se regardent, l’œil complice.
Dans le coin inférieur droit, Mía, reconnaissable à ces cheveux bizarrement coupés, se désole : «Pauvres petits étudiants québécois sans défense!». Et pourtant… Comme ils ont l’air parfaits et sages ses petits étudiants! Je les observe, ils travaillent vaillamment à ne pas échouer leur cours d’Histoire. Quel cours d’Histoire?
Ah oui! J’oubliais! Dans le coin inférieur gauche, un encadré bien visible «COPIE À ENVOYER AU MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION».
On verra jusqu’où ira le sens de l’humour de ces chers fonctionnaires…
May 31, 2008
LETTRE AU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION
Chers bureaucrates du Ministère de l’Éducation,
Les deux cobayes du renouveau pédagogique que nous sommes vous écrivent la présente car, au beau milieu de leur harassante soirée d’étude, elles se sont retrouvées aux prises avec une question existentielle concernant leur examen d’Histoire et d’Éducation à la citoyenneté. Cet examen, portant sur la période de 1980 à aujourd’hui (période que nous n’avons pas eu le temps d’aborder en classe), était censé évaluer notre jugement citoyen sur un événement qui s’était produit lors de cette ère presque glorieuse de l’histoire du Québec.
Quelle ne fût pas notre surprise de constater que la question de l’examen portait uniquement sur l’enjeu du taux de natalité québécois, en chute libre depuis quelques années. En effet, le document préparatoire ne contenait que des statistiques à ce sujet, alors que cet examen est supposé être notre seule référence à cette période. Quelles sont les conclusions que nous pouvons vraisemblablement tirer d’un tel enjeu? Qu’il nous faut copuler davantage?
Où sont les luttes référendaires, le rapatriement de la constitution canadienne, le rejet de l’accord du lac Meech, les débats sur le libre-échange Nord-Américain et la crise d’Oka? Autant d’enjeux sur lesquels nous aurions pu nous interroger et prendre position… mais que nous ne connaîtrons jamais.
Un éminent enseignant d’Histoire consulté brièvement nous fit part de sa déception à l’égard de cette situation déplorable. « Ce n’est même pas de l’histoire, c’est de la sociologie, et encore! C’est un examen de français, il suffit de lire le document préparatoire pour comprendre les messages subliminaux du Ministère. En fait, cet examen est un canular destiné à faire passer tous les élèves, peu importe leur niveau. »
Cette épreuve en est une de compréhension de texte qui n’a rien à voir avec l’analyse de phénomènes historiques. C’est du tout cuit dans le bec. La recherche et les conclusions à apporter sont fournies d’avance. Ainsi, les étudiants de 3ème secondaire n’auront jamais l’occasion d’éprouver leurs compétences disciplinaires dans le domaine de l’Histoire et de l’Éducation à la citoyenneté.
Mais n’ayez crainte, chers bureaucrates, la troisième compétence : « Bâtir sa conscience citoyenne » a été, du moins, assimilée par deux de vos cobayes. En voici la preuve.
Mía, avec l'aide d'une précieuse collaboratrice**AJOUT** Ps: À ceux qui me disent anti-réforme je sers cette lettre que j'avais écrite, il y a des lustres, à l'intention de M. Joseph Facal, un anti-réforme convaincu. C'est ici.
May 27, 2008
HOMMAGE À GIL COURTEMANCHE

J’ai fait la connaissance de Gil Courtemanche il y a longtemps maintenant. Lorsque j’ai commencé à acheter le Devoir, il y a un an, je lisais ses chroniques par curiosité plus que par réel engouement. Lentement, j’ai apprivoisé les subtilités du style, l’acidité de l’ironie, l’authenticité de la critique, la droiture infaillible de la ligne de pensée. Lire Courtemanche est pratiquement devenu une gâterie du samedi matin. Après avoir ramassé le journal en pyjama et salué la voisine scandalisée, quel plaisir de s’adonner à la contemplation de cette pure gymnastique intellectuelle, un café au lait à la main. J’aime Gil Courtemanche. Je l’aime parce qu’il a toujours le mot juste pour décrier les réalités les plus atroces et les plus pathétiques de notre monde. Je l’aime parce qu’il ose sans cesse sortir le public de sa zone de confort, tracée par les médias, dans laquelle restent la plupart des chroniqueurs. Je l’aime parce qu’il ose.
Bref, la raison pour laquelle je me livre à cet hommage ce soir est la suivante : J’ai découvert récemment que je pouvais savourer Courtemanche en tout temps, en lisant l’un de ses bouquins dont j’ignorais jusque là l’existence : «LA SECONDE RÉVOLUTION TRANQUILLE. -Démocratiser la démocratie.» Un bouquin que je décrirais comme une claque sur la gueule. Une oeuvre violente à n’en point douter. Un livre qui sera apprécié de tous ceux qui se sentent trahis par la droite, comme par la gauche traditionnelle, trahis par les institutions «démocratiques» et par les politiciens en général. Mais par dessus tout, un essai brillant qui apporte un point de vue nouveau sur nos vieux enjeux et une pensée lourdement appuyée d’exemples provenant de plusieurs sociétés (ÉUA, Québec, Canada, France, etc). Décidément, le type est un dieu!
May 22, 2008
LA LUNE EN GOUGOUNES! - L'une de mes utopies habituelles
Tout à l'heure, dans un bus de banlieue- Je parle un peu trop passionnément avec un type. Il fait sa maîtrise en Science Po à McGill, alors quand on se croise, ça s'éternise volontiers (au détriment de mes jambes qui doivent compenser pour les nombreux arrêts manqués). Voilà donc un extrait du dialogue:
« Les lois internationales sont fixées par les puissants, les vainqueurs de la 2e guerre, ceux qui sont au conseil de sécurité et qui assurent leur propre sécurité avant celle des autres. Et pour faire obéir les petits pays, il le font à coup d'incitatifs ou... d'une autre manière que tu connais que trop bien! dit-il.
Clin d'oeil à ma combativité extrême contre la politique des ÉUA en matière de droit international...
-J'ai un parfait sujet pour ton mémoire, dis-je en essayant de ne pas rire, essaie donc de prouver que les Américains sont des salauds, qu'ils ne respectent même pas les lois qu'ils ont eux même fait passer, et qu’ils font du terrorisme international.
-Le problème, c’est qu’académiquement, c’est plus dur à prouver. Ils font du protectorat un peu partout, mais c’est moins déclaré qu’on le croit et le terrorisme se fait malheureusement par personne interposée la plupart du temps.
Il n'avait pas tors...
-Je pense pas qu’on peut parler de protectorat ou de personne interposée en Iraq!
-Non! Là c’est plutôt drôle, c’est la fin d’un protectorat. D’ailleurs, il y a une théorie qui veut que les ÉUA savaient qu’il y avait des Armes de Destruction Massive en Iraq, parce qu’ils avaient encore la facture…
-Maudit que c’est sale ce monde là!
Sourire plutôt amusé de mon compagnon...
-Et nous on s’en va là dedans! On est tellement naïfs!
-Naïfs? Mais pourtant on sait pertinemment que c’est sale…
Je suis perdue...
-Naïfs de penser qu’on pourra y changer quoi que ce soit!
-LOL! Soyons donc naïfs et heureux de l’être…
-Jusqu’au moment de la désillusion…
Sourires entendus...
-Bon, ciao, j’ai comme 4km à marcher, ça me donnera le temps de penser aux raisons que j’ai de vouloir aller me foutre dans ce merdier!
-Une excellente soirée en perspective!
Rires. »
C'est ça, la belle jeunesse motivée? J'ai presque espoir dans un monde meilleur, moi là! Quand je réalise que nous pensons pouvoir marcher sur la lune en gougounes et boire l'océan dans une flûte à champagne... (soupire) La vie est belle...
May 20, 2008
DANSEZ! - Mía à la Journée Nationale des Patriotes
19 mai, Journée nationale des patriotes, au sommet du Mont-Royal - Mía, avec quelques copains plus ou moins inconnus rencontrés sur le tas, occupent tout l’avant de la minuscule scène. Durant les discours, ils se serrent les uns contre les autres pour offrir le moins de prise possible au vent violent et à la pluie. Ils ont les yeux rivés sur le jeune acteur aux doigts tremblants et à la mâchoire apparemment gourde de froid qui interprète, dans un réalisme trop parfait et plus ou moins volontaire, le testament politique de Chevalier de Lorimier.
Et la musique s'élève enfin: un rock folklorique aux accords étonnamment harmonieux. Les jeunes frileux sont conquis. Drôles, qui d’entre vous aurait pensé qu'un rigodon vous sauverait un jour la vie? Danser. Danser en sachant confusément que l’arrêt de la gigue inviterait le froid à remonter, des pieds aux jambes, des jambes au torse, s’insinuant dans vos entrailles déjà givrées. Jusqu’au cœur. Et qu’alors il serait trop tard pour recommencer… à danser. Et pendant qu’ils dansaient, il aura plut, il aura venté, il aura grêlé. Et toujours ils auront dansé, sans aucun autre espoir, que la musique n’arrête jamais de faire bondir leurs cœurs fous dans leurs cages thoraciques déjà gercées. Leurs cœurs fous de haine et de défi envers cette Histoire, envers cette Nature, qui les auront tant malmenés. Et la musique ne cessa point.
Et ils dansèrent. Trempés, congelés, essoufflés qu’ils étaient, ils dansèrent. Et leurs cœurs fous
de douleur s’abandonnèrent graduellement à une folie décidément plus pure, celle de la joie déchaînée. Celle de la gaillarde camaraderie. Celle de la fraternité, du patriotisme le plus enjoué. Jusqu'à ce que le soleil perce enfin les nuages et la noirceur, en eco au rap endiablé, et réchauffe tous ces coeurs... Drôle comme le sacrifice des uns avait donné aux autres le goût, plus intense que jamais, de vivre.
Je me débats dans un monde liquide
Une chose est sûre. Jamais le café au lait rue Mont-Royal n’aura goûté si bon. Jamais le bain chaud et la salle de bain embrumée ne m’auront autant réconfortée. Jamais les remontrances de ma mère n’auront sonné comme une telle musique à mes oreilles, formulés qu’ils étaient dans cette langue pure et magnifique qui est la mienne. Cette langue française qui est la nôtre. Les patriotes sont morts pour qu’aujourd’hui nous ayons cela. Et nous, nous ne mourrons pas. Mais nous danserons. Dieu, que nous danserons!
Mía
May 16, 2008
THE QUOTE OF THE CENTURY!
ROBERT FOWLER! (Ex embassadeur du Canada à l'ONU)
Monsieur Fowler a en effet soulevé un point intéressant il y a deux jours. Lorsqu'on lui a demandé son avis à propos de l'adhésion éventuelle du Canada au Conseil de Securité de l'ONU, celui-ci a eu l'extrême délicatesse de pointer ouvertement ce que tous pensent tout bas, mais ne disent pas tout haut.
"Do we really need another Washington?", a courtoisement demandé M. Fowler, crachant ainsi au visage de tous les hauts responsables bien-pensants du gouvernement Harper.
Ce type vient de résumer en une seule phrase un texte que j'avais écrit en janvier (ici) pour le Devoir et qui en dit long sur mon arversion du gouvernement Harper. LOL!
Longue vie à Robert Fowler!
Mía
May 14, 2008
UN GALA DE BLOGUEURS?!?

Je n'en avait jamais entendu parler, mais il y a un Gala de la blogosphère! (Voir ici pour les détails et ici pour les nominations.)
Il faut dire que j'y suis beaucoup moins active depuis quelques temps, préparation aux examens oblige... Mais je tiens à faire ce court message de remerciement kétaine pour faire savoir à quiconque est responsable de ma mise en candidature et de ma nomination, que je suis très flattée et que je le/la remercie du fond du coeur.
Bon, alors je remercie aussi, tant qu'à y être, les capitalistes, les libéraux, les concervateurs, les adéquistes, les anti-écolos, les politiciens américains et les impérialistes en général (la liste se poursuit à l'infini) pour m'avoir fourni un sujet sur lequel "bitcher" à loisir pendant si longtemps. Merci à vous, les gars, le Pays des Paradoxes ne serait rien sans vous!LOL!
Ma dose de niaiseries dite, je retourne à mes notes de mathématiques :D...
Mía
Ps: Vous aimez ma robe virtuelle???
May 13, 2008
DITES MOI SI J'HALLUCINE...
May 12, 2008
BARRAGE CONTRE LE PACIFIQUE

Je découvre depuis peu Marguerite Duras. Et j'aime. J’aime le portrait qu'elle trace de la misère crue, écoeurante dans sa nudité impudique, presque loufoque dans son absurdité chimérique. J’aurais presque envie d’en rire si je n’avais envie d’en pleurer.
Peut-on construire un barrage contre le Pacifique?
Peut-on stopper la crue montante et continue de la misère humaine?
A-t-on le droit d’espérer?
Oui. Cent fois oui. Un oui qui sonne comme un défi. Et que dieu bénisse toutes ces Utopies. Soyons donc réalistes, exigeons l’impossible.
Hasta Siempre,
Amen.

May 08, 2008
La fondation du Canada de Monsieur Harper, revue et corrigée…
Je suis d’accord avec Stephen Harper. La fondation de Québec en 1608 marque bel et bien la fondation du Canada. Car si l’on examine de plus près la définition du mot «Canada», en ces temps vénérables : «une colonie française au bord du Saint-Laurent, peuplée de «Canadiens», citoyens de langue française, d’ascendance européenne»; oui la fondation de Québec marque bel et bien la fondation du Canada. Seulement, il y a un léger hic : Monsieur Harper ne fait nullement partie de ce Canada. Et Michaëlle Jean, fière représentante de la couronne d’Angleterre et symbole de cette honteuse monarchie qui nous est imposée depuis des siècles, non plus d’ailleurs… Que notre très chère Gouverneure Générale ait le tact de rentrer chez elle, à Ottawa. Et que nos élus, M. Charest en tête, aient la décence de faire la promotion de notre VRAIE Histoire, de notre VRAIE culture; toutes deux, hautement canadiennes, bien entendu…
April 25, 2008
JAMAIS JE N’APPRENDRAI SEULE, J-A-M-A-I-S
Cette citation m’a inspiré ce bref billet matinal :
«Et comme l'entropie augmente continuellement dans un système fermé comme l'école...l'énergie globale, donc l'intelligence, la qualité des monades, va aller en décroissant graduellement, d'une génération à l'autre... Pascal, Leibniz, Descartes et cie. ont tous été éduqués par des tuteurs individuels.»
Tout d’abord, sachez que si un jour, je devais apprendre seule, chez moi, avec un tuteur privé, je me jetterais par une fenêtre du haut d'un 12e étage. J'aime aller au collège, pas pour les cours (naturellement), mais pour les gens. Le collège est le théâtre de multiples confrontations intellectuelles qui m'aident à structurer davantage ma pensée et à l'expliquer de mieux en mieux aux gens qui m'entourent. En dehors des cours, j'ai fait la connaissance d’étudiants et de professeurs passionnés et passionnants qui ont parfois joué un très grand rôle dans le "cheminement" de ma pensée. J'aime le collège. J'aime mes amis. J'aime les étudiants en général. J'aime les profs (oui, ça dépend lesquels… mais oui).
J'aime avoir des relations avec tous ces gens qui m'enrichissent et que j'espère enrichir un peu moi aussi, en retour. C'est pas vrai que c'est mieux d'apprendre seul, c'est avec les autres qu'on apprend comment agir en être humain. Vla mon point de vue, vous en faites ce que vous voulez.
Mía
April 22, 2008
ALERTE À L'INFANTILISATION-Écoeurée qu'on nous traite comme des cons
Français : Je «pette ma coche»…
Explication sommaire : Nous lisons, depuis quelques temps, un livre obligatoire : Le Roi Arthur de Michael Morpugo. Sans vouloir être impolie, je soutiens que le livre en entier peut se résumer en une phrase, inscrite au quatrième de couverture : «À partir de 9 ans». Ce qui signifie en d’autres mots, qu’il s’agit bel et bien de la légende du Roi Arthur et de la table ronde, mais sans l’aspect humain, le combat moral, les concepts de loyauté, d’adultère, d’amour platonique et de déchirement. C’est un livre simpliste, sans âme, tout juste bon à expédier l’essentiel du conte à des enfants trop jeunes pour s’embarrasser des «détails». Bref, à partir de 9 ans…
Alors, «pettant ma coche»,
-M’sieur, il existe au moins une centaine de livres extraordinaires, traitant de cette légende. Pourquoi diable avoir choisit celui-là?
-Ben… Il est apprécié des élèves…
AH BEN CHRIST! LÀ, JE RENONCE! Un PROF qui ose me dire en pleine face qu’il préfère faire lire ce genre d’inepties à ses étudiants en se disant que, de toute façon, la loi du moindre effort triomphera toujours, plutôt que de leur faire lire un truc de leur niveau, ou PIRE, de les initier à la littérature… (la vrai). Un PROF, merde...
Après ce que j’ai entendu… Puis-je aller me tirer une balle?
Sans blague… Hugo, Baudelaire et Miron ne sortiront pas de leurs tombes pour protester contre ce sacrilège. C’est à nous tous, de nous plaindre et de nous révolter. Et les étudiants les premiers, sti! Sans ça, c’est pas demain la veille qu’on daignera nous accorder un certain crédit.
April 14, 2008
DES BARBARES, AUX NÈGRES, AUX TERRORISTES-l'Histoire a le dont de se répeter...
Moment d’inaction et de détente (c’est à dire, cours de bio) -Je dévore quelque pages de Chomsky en cachette… Hmm… Revoilà les comparaisons avec le monde impérialiste du XIXe siècle. Tiens donc…
Il est vrai que si l’Afrique fut colonisée à cette époque c’était pour «permettre aux nègres de profiter des joies de la civilisation», pas vrai? L’homme blanc se sentait un devoir d’aider la «race inférieure» à s’élever au dessus de sa condition sous développée… Quelle noble entreprise, ma foi!
Un peu plus loin (et aussi un peu plus scabreux), le glorieux Empire Romain qui, lui, s’employait à la magnanime opération de purger la face du monde des ignobles barbares.
Et l’héritier spirituel de ces chevaleresques imbéciles, nul autre que George W. Bush, avec sa foi divine dans la démocratie! Oui! Conquérons les terroristes (nègres-barbares) pour qu’enfin règne la démocratie. Et sans oublier, pour qu’on puisse enfin mettre le grappin sur les ressources abondantes du pays!
Voici donc le questionnement qui s’impose : NON, MAIS ON EST PAS TANNÉS DE S’ENVAHIR CÂLISSE???
Les temps ont changé, mais l’impérialisme est le même. L’invasion et l’asservissement de l’Afrique ont causé le pillage de ses ressources, le déplacement de ses populations, l’obligation de cohabiter pour certains peuples traditionnellement opposés, ce qui donna lieu à des nettoyages ethniques et des génocides sanglants. En un mot, de l’impérialisme résulte la destruction.
Voici dans quel état les Etats-Unis d’Amérique ont laissé une grande part de l’Amérique latine, et voici dans quel état ils entendent laisser le Moyen-Orient. Voici dans quel état la Russie a laissé la Tchétchénie. Voici dans quel état la Chine entend laisser le Tibet.
La race humaine n’évoluera-t-elle donc jamais?
April 12, 2008
POURQUOI J'AIME BOURGAULT?!?
En voyant cette question de l’Anonyme :
«Mais, veux-tu bien me dire ce que tu trouves à Pierre Bourgault?? À part le fait qu'il était un orateur brillant et drôle, en plus, je ne vois pas en quoi il peut t'inspirer.»
Je me suis tout de suite dit : «Ostie je pourrais écrire un billet entier là dessus.» et ensuite, «Ben duh! Pourquoi je le fais pas!?!» Donc voilà bref... J’aime Pierre Bourgault, voici pourquoi :
Tout d’abord, Pierre Bourgault, ce n’est/n'était pas qu’une façade, ce n’est/n'était pas que le masque d’orateur brillant que les gens voient/voyaient en lui. Pierre Bourgault ce n’est/n'était pas que l’écrivain culotté qui aimait bien provoquer juste pour rire ou pour faire réfléchir. Dans ma tête (et je tiens à préciser que tout ceci n’est qu’une perception personnelle), Pierre Bourgault, c’est/c’était, avant tout, l’homme qui s’est donné tout entier à la cause indépendantiste, sans jamais rien demander en retour.
C’est/c’était l’homme qui, en sabordant le RIN, a permis l’unité des indépendantistes au sein d’un seul parti qui n’était même pas le sien. Il s’est sacrifié. L’histoire de Bourgault est d’un masochisme incompréhensible (et pas seulement en politique). Détrompez-vous, je n’aime pas les histoires de martyrs. Et j’aime encore moins les gens qui disent «Regardez, je suis un martyr!». Mais cela me réconforte de savoir qu’il existe/existait des hommes politiques qui ne sont/n'étaient pas totalement aveuglés par leur ego et qui savent/savaient prendre les bonnes décisions même s’ils savent/savaient aussi bien que sa va/allait leur faire mal. Le parti Québécois n’aurait jamais eu une histoire aussi glorieuse sans l’apport des rinistes de M. Bourgault. Et l’Histoire ne lui a jamais été assez reconnaissante pour ce qu’il a fait au Québec. Comment dit-on, déjà? L’Histoire n’aime que les vainqueurs…
C’est un peu pour ça.
Mía
April 08, 2008
MADE IN QUEBEC
Lundi, 9h30 PM: Mía rentre du collège.
-Hey les vieux vous savez pas quoi?
-Hmm?
-J’ai rencontré un président de compagnie aujourd’hui.
-(soupir)
Explications nécessaires : Le conseil étudiant de mon collège, bande de fous furieux écolo-gauchistes, a fait pression sur la direction de l’école pour que celle-ci cesse de nous forcer à acheter des uniformes faits en Chine. La direction, exaspérée, a organisé une réunion étudiants-parents-direction-fournisseur pour nous clouer le bec.
-Ouais. C’était le Prés de la compagnie qui importe nos uniformes.
-Pis?
-Ben on lui a cloué le bec.
-Pour faire changement, quoi?
-Ouais… Il nous a sorti son discours sur le rapport qualité-prix, on lui a dit qu’on s’en foutait.
On lui a dit qu’on était là pour qu’il nous certifie qu’il n’y a pas d’exploitation dans ses usines. Le dude nous répond qu’il a mis des caméras. LOL. Parle, parle, jase, jase, on a posé quelques questions, pour finalement avouer au gars qu’on sait très bien que le genre d’exploitation qui se fait en chine s’est pas le genre de mauvais traitements qui se voit avec des caméras… Style, enrôlement de mineurs capable d’avoir l’air majeur *les occidentaux font pas toujours la différence*, absence de protection et de dispositifs de sécurité, lieux d’ébergement insalubres, absence de ventilation…
Et finalement, pièce maîtresse de notre argumentation, une autre compagnie «made in Quebec» qui offre les uniformes aux mêmes prix que notre fournisseur. Le gars nous ressort son discours de qualité… Mouais… Et il veut nous faire croire qu’il s’en met pas pleins les poches avec une marge de profit à peu près dix fois plus grosse que celle de son concurrent, qui pourtant doit lui aussi être rentable?
-Bah… répondent les vieux.
******************
Mardi, 8h30 PM: Mía rentre après avoir fait le tour du cartier à pieds pour échapper à l’étude de la Biologie :
-Hey Mía tu sais quoi? Lance Père.
-Hmm?
-J’ai servi tes arguments à mes collègues aujourd’hui. On va transférer toute la production d’électronique ici, à Montréal. On perd trop d’argent avec la Chine, ils n’ont aucune expertise et il y a trop de rejets. Je les ai convaincu qu'on allait économiser!
-Toutes mes félicitations!
Intérieurement : VICTOIRE! Mouahahahahaha!!
Et UN contrat de plus pour l'industrie Québécoise... UN!
April 04, 2008
El sueño argentino...
Pour des raisons qui ne concernent aucun de vous, j’ai commencé tout récemment à m’intéresser à la situation d’un pays situé littéralement «aux antipodes» du Québec. L’Argentine. Pour me rendre compte que, finalement, plusieurs aspects nous rapprochent, malgré tout.
-Deux pays extrêmement riches du point de vue des ressources, mais incapables de concrétiser ces richesses.
-Deux pays dont le néolibéralisme causa (ou causera) la perte. Oui, le néolibéralisme de Menem et de son gouvernement corrompu fut LA principale cause de la faillite de 2001 en Argentine, et les habitués de ce blogue savent pertinemment que je ne donne pas cher du néolibéralisme québécois!
-Deux pays résolument divisés entre la population intellectuelle et «frivole» des métropoles, en locurence Buenos Aires et Montréal, et le monde plus terre à terre des régions. Car admettons que gauchos et villageois québécois ont définitivement en commun le fait que leur environnement et leur mode de vie sont de plus en plus menacés.
-Deux pays rongés par la même tare : le cynisme. L’éternel cynisme, merveilleusement représenté par le slogan de la révolution populaire de 2002 : «¡Que se vayan todos!» , littéralement : «Qu’ils s’en aillent donc tous», autrement dit : Les politiciens ne sont que des salauds, nous n’avons plus confiance, qu’ils s’en aillent donc tous. Eh oui! Comme il est étrange que cette attitude soit commune à ces deux pays aux arrières plans historiques si différents…
Seulement, si l’Argentine partage certaines de nos faiblesses, elle a une force que nous n’avons pas. Lorsqu’elle était considérée, dans les années 1880-1920 comme le véritable Eldorado de l’Amérique, elle s’est ouverte à des millions d’immigrants européens en quête d’une meilleure qualité de vie. Et quel fût son principal atout dans l’intégration de ces immigrants, qui se fit en l’espace d’une seule génération? Un nationalisme fort.
Et c’est cela qui nous fait défaut au Québec. La force du nationalisme des Argentins est telle qu’ils ont pu passer à travers les plus grandes crises, tout en gardant la foi dans le destin de leur pays qui, ils n’en doutent pas une seconde, a parfaitement sa place parmi les grands de ce monde. Ah… «El sueño argentino...»
J’aimerais bien y croire.
March 31, 2008
MOI ET MA GRAND-MÈRE! - Le Pont entre les générations...
Au Québec, il n’y a pas que les viaducs qui s’effondrent, il y a aussi les ponts. Bon… Comparaison scabreuse faite, voici mon sujet du jour (ou de la nuit) : Le Pont entre les générations. Pont dont il ne reste que le souvenir, je le crains. Mais pourquoi ce «Pont» est-il si important? Pourquoi des sociétés comme au Japon, ou certaines communautés autochtones, s’évertuent-elles à conserver cette «Infrastructure» jugée désuète par une majorité de sociétés occidentales? Admettons qu’un exemple vaut milles images…
Disons tout d’abord que j’ai une relation «spéciale» avec ma grand-mère. Ce n’est pas vraiment un désaccord idéologique… Disons plutôt comme suit : À ma grand-mère, ne parlez pas de mes études en Sciences Politiques où de mes lectures révolutionnaires, sa plus grande fierté sera toujours que je serai une bonne femme à marier, capable d’une pâte à brioche respectable et d’un rôti bien saignant (et ne demandez surtout pas l’utilité de la science du rôti pour une végétarienne). Rien n’y fait. J’ai beau parler à ma mamie de l’importance de s’impliquer dans le sort du monde, elle me répondra que l’important est que je ne devienne pas l’une de ces «femmes indignes, pas foutues de cuisiner et de s’occuper de leurs enfants» des temps modernes.
Seulement lorsqu’elle s’entrouvre, ma grand-mère peut-être une source intarissable de savoir. Toute cette culture de l’économie, de la parcimonie, comment gérer un foyer où rien ne se perd et où l’on fait des miracles avec brindilles et bouts de ficelle. Ma grand-mère n’a peut-être pas son secondaire 5, mais elle possède à fond sa science à elle. Science qui, méprisée par le monde d’aujourd’hui, lui donne l’impression d’être inutile, «passée date» comme elle dit.
Curieuse, (est-ce un défaut ou une qualité?) je me suis retrouvée passionnée, littéralement envoûtée, par les appâts de l’immense savoir perdu, ou presque. Et qu’importe si j’utilise les cours de couture de ma grand-mère pour réparer une sacoche de vélo plutôt qu’une délicate blouse de satin? Ils m’auront définitivement servi à quelque chose, au moins!
Devrions-nous porter plus d’attention à nos ancêtres? Oui. Probablement. Définitivement. Une autre chose que l’on oublie de faire si souvent… Bref, Adieu, je crois que je vais aller appeler ma grand-mère!
Mía
March 29, 2008
"ÇA BRASSE" EN CHINE - L 'Occident ne le sait pas encore, mais...
Parfois, un seul événement peut être responsable d’un drastique changement dans le cours de l’Histoire. Il faut un catalyseur pour bâtir une révolution. Certains ont l’impression que c’est ce qui se passe en Chine en ce moment même. Voici mes observations* :
Tout d’abord, il convient de dire que Père est en Chine en ce moment (lire «VIVE LE CAPITALISME» pour en savoir plus sur Père). Comme il y est depuis plusieurs semaines déjà, il n’a accès qu’à l’information que le gouvernement Chinois accepte de diffuser sur le territoire, ce qui frustre père, puisque certains sites d’information où il suit les méandres de la bourse lui sont interdits d’accès. Père n’a qu’une vague idée de ce qui se passe à l’international autour de la polémique du Tibet. Cependant, il sait très bien que la communauté internationale menace de boycotter l'ouverture des Jeux. Et on peut supposer que les Chinois ont accès au même genre d’information, ce qui contribue à alimenter leur méfiance à l’égard de l’Occident.
Mais Père a pu observer, ces derniers temps, des choses dont l’Occident n’a pas été mis au courrant. Par exemple, on lui a dit que les ouvriers de certaines de ses usines avaient refusé de travailler. Un genre de grève, lui a-t-on dit. Quelles étaient leurs revendications? Père n’a pas été mis au courant. Quelle a été la réaction des autorités des usines en question (qui sont Chinoises, il convient de le préciser)? Père n’a pas été mis au courant. Mais une chose est sûre, le «roulement de personnel» est encore plus rapide qu’avant. Et la production a repris sans attendre.
S’il y a une révolution en Chine, elle viendra des usines, du PROLÉTARIAT. Les Jeux seront peut-être le catalyseur, mais j’en doute. Le paragraphe ci-dessus nous démontre à quel point l’information circule mal. Par conséquent, les critiques et les pressions de l’Extérieur n’auront qu’un effet négligeable sur le peuple en général. De plus, peu de Chinois auront les moyens d’assister aux jeux, et par conséquent, d’être directement en contact avec des gens de l’Extérieur. Même les chefs d’entreprises et les propriétaires d’usine n’ont pas tous les moyens de se payer le voyage à BeiJing.
Pour ceux qui désirent des changements dans ce pays, critiquer les Jeux et les événements diplomatiques n’auront aucun effet. La révolution viendra de la Chine elle-même. De ses citoyens, de ses ouvriers et de ses exploités. Elle ne viendra pas de nous, c’est impensable. Mais elle viendra bientôt, l’inquiétude de Père en témoigne.
Mía
*Comme toujours, j’aimerais préciser que mes OBSERVATIONS sont faites de mon point de vue [socialiste] personnel, mais bof... Pour ma défense: «L’objectivité n’existe pas» -Pierre Bourgault.
March 26, 2008
L’ÉLOGE DE LA PROCRASTINATION ÉTUDIANTE
Bio – Cours magistral s’il en est un. Après avoir profité de la première heure pour finir ma nuit, je prend les derniers 20 minutes pour vous écrire, chers assidus… Ah la douce oisiveté, sacrilège que la paresse! Le refus de se soumettre à la dictature de la productivité… Souvenir...
TEST de Bio – Réaliser soudainement l’inutilité totale de la capacité que j’ai acquise à régurgiter machinalement, en un temps recors, cette manne de mots vides de sens, sur un pauvre cahier réponse qui endure coups et injures… Réaliser soudainement que cette bouillie de mots abstraits m’indiffère totalement. Et réaliser à quel point le pourcentage à l’encre rouge que je recevrai, éventuellement, écrit sur ce même bout de papier, m’indiffère tout autant. Constatations faites, je me lève, dépose mon cahier sur le bureau du prof, me rassois, écris.
Écris pour dire que j’en ai ras le bol que ma vie sois régie par le despotisme des chiffres et des lettres qui sont complètement arbitraires et qui ne signifient rien.
Écris pour dire que l’école n’est pas faite pour séquestrer les étudiants dans le carcan de leurs résultats!
Et puis écris pour dire que chu écoeurée esti!
J’en veux pas de trophée! J’en veux pas d’éloges! J’veux apprendre, puis qu’on me foute la sainte paix!
Mía
March 24, 2008
LE CHRIST : LE TERRORISTE DES TEMPS BIBLIQUES??
En ce lendemain de pâques, une fois mon cerveau relativement dégrisé et mes pensées ayant PRESQUE retrouvé cohérence, j’ai été surprise devant cette évidence. Jésus était un terroriste! Admirez la force du raisonnement :
Les tibétains qui revendiquent l’autonomie et le respect pour leur peuple sont des terroristes (ainsi que leur chef, le Dalaï Lama, un «montre à face humaine, mais à cœur d’animal»). Les rebelles sud-américains, de dangereux socialistes qui revendiquent la démocratie et la justice, sont des terroristes. Et Green Peace, qui revendique le droit de tous à un environnement sain, est elle aussi considérée, par certains représentants de cette chère drouate, comme une organisation terroriste.
Donc si je résume : De nos jours, quiconque s’oppose à une quelconque puissance est un terroriste. Et donc bien sur, tous ceux qui tentent de faire respecter les droits humains sont des terroristes. Et quel est le rapport de Jésus dans tout ça?
Jésus, qui, soit dit en passant, est l’un des seuls qui se soit opposé à la domination des Romains sur son peuple et à la doctrine des Grands Prêtres qui maintenait ce peuple dans la soumission, est de surcroît l’un des premiers socialistes de ce monde! Comme le dit Hugo Chávez (qui, lui aussi, pour avoir tenté de sortir son peuple de la misère, est un terroriste) «Je jure sur la merveilleuse Constitution, sur le Christ, le plus grand socialiste de l’histoire. Je ne laisserai pas reposer mes bras ni mon âme, je consacrerai ma vie et mes nuits à la construction du socialisme vénézuélien. Patrie, socialisme ou mort».
J'ai beau être Québécoise et, par le fait même, agnostique et profondément agacée par les curés, je l'aime bien Jésus!
Mía
March 23, 2008
AH LES MERDIERS ADMINISTRATIFS! - Vue de la mission de l’OTAN en Afghanistan
Party de Pâques, quelque part PERDU à Trois-Rivières – Pour ceux qui ne le savaient pas encore, Mía a des connections relativement haut placées dans les Forces Armées Canadiennes… Elle en a donc profité, entre deux « cafés » (lire ici autre boisson que Mía n’a pas tout à fait le droit de consommer), pour faire sa petite enquête sur la « saloperie de guerre en Afghanistan », sans passer par ces chers médias. Dialogue avec « Mononcle » :
-Dis donc Mononcle, qu’est-ce qu’il se passe là bas, en Afghanistan. C’est vrai que les soldats qui vont là bas sont sous le commandement d’Américains?
-En fait, il y a une rotation du commandement en chef de la mission de l’OTAN, il y a eu les Anglais, les Canadiens… C’est bien possible que ce soit le tour des Américains. Chacun prend les décisions selon les lois qui s’appliquent dans leur pays, selon l’opinion publique, selon les appuis qu’ils reçoivent. C’est un immense merdier administratif!
-Donne moi un exemple…
-Ben Check : Mettons que les Canadiens, dans le sud, ont un problème demain matin. Ils demandent alors l’aide des Français. La réponse : «Ouais, vous êtes bien simpas, mais je vais demander à mon commandant», puis, «je vais demander à mon ministre», puis trois semaines plus tard : «On est désolés mais on a pas les effectifs suffisants pour vous aider.»
Par conséquent, pour des raisons diplomatiques souvent obscures et des chicanes administratives au sein de l’OTAN, l’entraide reste inexistante au sein des nations participantes à cette mission. Chacun reste dans sa cour et c’est le «t’avise pas d’empiéter sur notre boute de poussière!»… Euh, serait-ce le cerveau embrumé de Mía ou s'il y a incohérence quelque part?
Quand Mía lit le journal, elle y voit toujours la même chose: Difficultés dues à la géographie des lieux, ennemi difficile à localiser et à reconnaître, ressources matérielles insuffisantes, bravoure des soldats qui survivent dans ces conditions… Ça n’intéresse aucun journaliste de parler du merdier administratif qui est l’une des causes majeures de l’inefficacité de la mission qui nous coûte si cher à tous? Pourquoi ça ne sort pas au grand jour, cet espèce de conflit d’orgueil entre les pays de l’OTAN?
«Pour l’amour du saint ciel, dit-elle à défaut de grossièreté plus ridicule, si vous voulez envahir un pays, faites le intelligemment! On a l’air d’une bande de cave là!»
Ah comme c’est beau la politicaillerie et les lutes de pouvoir qui paralysent l’action! Maudit qu'on a raison d'être fiers d’être Canadiens des fois!
March 19, 2008
PHILOSOPHIE SOUTERRAINE - Un point de vue d'ailleurs
Quelle étudiante sensée se promènerait dans le métro de Montréal avec l’un de ses enseignants? Aucune. C’est pourquoi j’y étais vendredi dernier. Au milieu d’une conversation passionnée sur le système d’éducation argentin (qui est entièrement gratuit et qui fonctionne à merveille) l’homme me dit soudain : « Mía, sors du Québec. Va n’importe où, mais sors d’ici. »
Il se trouve qu’il y a très peu d’étudiants étrangers au Québec. Et pour cause : Un étranger paie 2 à 3 fois plus qu’un Québécois pour étudier à l’université. À mon sens, c’est dommage, ne serait-ce que parce que cela décourage en partie les échanges entre les cultures, parce que cela ralentit considérablement notre cheminement de pensée collective et parce que cela n’encourage pas non plus L’OUVERTURE de notre société**. Il y aurait des abus, certes. Mais nous nous offenserions peut-être moins des abus faits à notre système si seulement nous profitions autant de celui des autres (car il est vrai que trop peu de Québécois vont étudier à l’étranger).
** Et parlons en de la sacro-sainte ouverture de notre société. Car oui j’ose la remettre en question elle aussi. En fait, j’irais jusqu’à dire que nous sommes ENFERMÉS dans des débats de société stériles qui nous empêchent royalement de lever la tête pour voir ce qui se passe autour de nous. Qu’attend le gouvernement du Québec pour prendre position sur des enjeux internationaux? La permission du fédéral? Tout comme il a attendu sa reconnaissance pour s’assumer en tant que nation? Ah mais je vois… Ça ne relève pas de nos COMPÉTENSES, pas vrai? Ah… Mais au Québec, de toute façon, on est pas seulement fermés et incompétents, on est aussi un peu cons parfois! Et je m’en rendait piteusement compte, en discutant avec l'enseignant en question…
La discussion a tourné littérature. Le prof, qui est au pays depuis environ 3 ans, connaît mieux l’Histoire du Québec que bien des Québécois de ma connaissance… Il me raconta cette triste anecdote : « Un jour je remplaçais dans une classe d’Histoire et les étudiants ne prenaient pas du tout au sérieux le travail imposé. Alors je leur ai demandé : Trouvez-vous important de connaître votre histoire oui ou non? Et ils ont dit : Non, c’est ennuyant, on s’en fout. »
Il s’est ensuite copieusement moqué des souverainistes qui blâmaient le vote ethnique : « Comment voulez vous intéresser les immigrants à votre histoire et à votre débat identitaire si vous vous en foutez vous même?!? » Ce à quoi je répondis, gênée, : « Ouais, Msieur, on est un peu cons… »
Il m’a ensuite décrit en détail une manifestation, qui date de plusieurs années, durant laquelle des manifestants frustrés contre M. Lévesque avaient brûlé le drapeau Québécois : « Je crois bien que les Québécois sont le seul peuple au monde à avoir jamais brûlé leur propre drapeau. C’est très grave! » Ce à quoi je répondis, rouge de honte, « Ouais, Msieur, on est un peu cons… »
C’est si agréable de constater à quel point ce cher John George, Lord de Durham, avait raison. Nous sommes VRAIMENT un peuple sans Histoire, et sans FIERTÉ de surcroît! Et cela aura peut-être pris 200 ans, mais nous aurons fini par nous résigner et par perdre tout intérêt à notre propre lute! Drôle comment un regard venu d’ailleurs peut vous remettre les pensées à la bonne place…
Québécoisement vôtre,
Mía
March 16, 2008
LA GUERRE DE LA TERREUR - Elle est bien bonne celle-là!
Washington a annoncé plus tôt qu’un collaborateur d’Al Qaïda, Mohammed Rahim, traducteur de Ben Laden, avait été arrêté et envoyé à Guantánamo. Un autre. Un autre grand criminel dont on ne connaîtra jamais le détail des crimes. Un autre qui n’aura pas de procès. Un autre qui disparaîtra de la face du monde sans qu’on ne sache exactement pourquoi. Ouf! Un autre terroriste de moins!
La guerre de terreur, j’ose dire que les États-Unis sont passés maîtres dans l’art de la faire. Mais les terroristes sont les gens du Guatemala, les rebelles du Nicaragua (des pays où les É.-U. ne se sont pas gêné pour remettre le peuple à sa place). Que veut Al Qaïda? Détruire les États-Unis d’Amérique? Permettez moi d’en douter! Se libérer de l’emprise du plus grand et du plus sale empire de tous les temps? Ah non! Ce sont eux les méchants! Pas les É.-U., eux ce sont les GENTILS!
Combattre le feu par le feu, mais qui est l’agresseur en premier lieu? Mohammed Rahim est coupable. Autant que le Che. Autant que les rebelles d’Amérique Centrale. Autant que les tibétains. Autant que tous ceux qui refusent l’impérialisme. Il est coupable autant que moi.
March 08, 2008
Dans le trou et pas à peu près!
Un chalet éloigné de tout où empeste l'odeur d'un foyer au gaz. Ma chambre, une pièce sombre où j'ai retiré sans façon l'abat-jour de l'unique lampe de la pièce, meilleur éclairage oblige. J'ai ouvert la fenêtre, l'air froid, moins froid que celui de Montréal, le bruit de l'autoroute et le concert des caisses de bière sur le patio du voisin sont mes seuls contacts avec la réalité.
Ici, les montagnes sont fantastiques. Elles sont partout, immenses, magestueuses, elles nous observent, ombre derrière notre épaule. Je n'ai jamais rien vu de plus beau, et de plus terrifiant. Je ski en haute altitude procure des effets que l'on attribue parfois à la cocaïne. Liberté, infini, pouvoir, absolut. Être si petit et si grand à la fois. Ne plus toucher terre pendant le court-long moment que dure la chute du haut d'une falaise escarpée. Dans la lumière.
Les Québécois ne sont pas seulement reconnus comme l'un des peuples les plus drogués de la planète! Ici, nous sommes les "flying crazy french canadians", des fous, des sans peur, et je suis fière de contribuer à ce stéréotype...
Mais du ski, j'en ai fait 20 heures, sur les 170 heures qu'ont durées mon séjour à Salt Lake. La ville elle même est laide. C'est environs sont déserts, hostiles, ÉLOIGNÉS. À côté d'eux, Montréal et ses banlieues font figure de PHARE DE LA CIVILISATION! Bref, un trou aussi géographique que démographique...
Mais les trop brèves minutes passées à jouer la "crazy french canadian" en valaient 1000 fois la peine.
Mía
Ps: Ceci est écrit à partir de l'aéroport international de Los Angeles. Demandez moi pas comment on fait pour revenir de Salt Lake en passant par Los Angeles, JE LE SAIS PAS! Ce que je sais, c'est que je serai innactive pendant les jours que durera peut-être mon arrêt forcé dans l'une des plus belle ville d'Amérique. LA est belle la nuit.
À bientot j'espère,
Mía
February 28, 2008
DIVAGATIONS NOCTURNES
Les propos de l’écrivain Vladimir concernant l’éventualité d’une troisième Guerre Mondiale, à l’émission « Une heure sur Terre », m’ont relativement alarmée… Et pour cause : son « Et l’Occident ne fait pas le poids » fatidique avait définitivement des accents à faire froid dans le dos… En effet il semblerait que la Russie supporte difficilement l'humiliation que lui font subir l'OTAN et ses voisins qui veulent y adhérer!
Je me rappelle entres autres les paroles d’un certain philosophe dont l’avis était le suivant : « Dans une Guerre, la vraie puissance d’un clan se mesure au nombre de fous qui sont prêts à mourir pour le défendre. » Et par conséquent, je dois bel et bien admettre la supériorité de la Russie et de ses éventuels alliés…
Les propos d’un enseignant d’anglais, l’un des plus brillants profs que j’ai connu, me sont ensuite revenus en mémoire : “If we had lost de 2nd world war, I would not be teaching you English right now, I would be teaching you German, each and every class would begin by the singing of Germany's National Anthem and all of you who do not have blond hair and blue eyes would not even be here right now because your parents and grand-parents would have been hunted away or killed.” Which meant, the 90% of the class…
Trêve d’exagération (ou presque), avis à ceux qui chiâlent contre le bilinguisme au Québec: Qui a envie d’apprendre le Russe de force demain matin? Il serait peut-être temps que les populations de l’Occident commencent à se préoccuper des bombes qui vont bientôt leur exploser dans la figure non? Et les pays du tiers monde? À qui vont-ils se rallier advenant un conflit international? Vous pensez pas que ça serait une bonne idée de se les rallier et d’arrêter un peu de les exploiter, histoires qu’ils prennent le bon côté des affrontements? ( c’est à dire le nôtre)
Bon... je vais aller dormir et, avec un peu de chance, je me réveillerai demain matin avec l'absence de AK-47 Kalachnikov sur la tempe...Mía
AVERTISSEMENT: Texte à prendre avec un grain de sel et qui porte très bien son titre...
February 24, 2008
Se souvenir DE QUOI?- Encore l'avocate du Diable
J’écoutais Tout le monde en parle ce soir; et le mot est revenu souvent : nous avons perdu la mémoire, il faut se souvenir…
En général, je suis quelqu’un qui se souvient relativement bien. J’apprends l’Histoire de mon pays par obligation, mais aussi par passion je dois l’avouer. Et pourtant, j’ai cette question au fond du crâne. Toujours. Pourquoi?
Honnêtement, j’ai beau me creuser la cervelle, je ne vois pas. Pourquoi trouverais-je important d’apprendre que mon peuple en est un qui s’est fait asservir, qui s’est fait acheter, qui s’est fait humilier, qui s’est fait « fourrer », qui s’est fait voler, qui s’est LUI-MÊME vendu, prostitué?
Cal*sse, à quoi ça me sert d’apprendre tous les jours que je suis issue d’un peuple de « loosers » qui a échoué dans TOUTES ses tentatives d’affranchissement? À quoi ça me sert de me faire rappeler à tout bout de champ que mes ancêtres étaient tous des « pissous » qui, plutôt que de donner corps et âme à une révolution, ont préféré s’enfermer chez eux en priant le curé de les protéger du Diable???
J’vous dis que ça vous bâtit une jeunesse patriote et confiante en l’avenir ce genre de récits d’horreur qui parsèment la route du peuple québécois dans l’Histoire! L’Histoire n’aime que les vainqueurs pas vrai? Ben au diable l’Histoire ost*e!! Et puis, JME SOUVIENS PLUS de qui a dit cette phrase là : « Plutôt que de passer leur temps dans les livres d’Histoire, les jeunes feraient mieux de passer leur temps à tenter d’y figurer. ». Mais maudit, ça devait être un bon gars!
Histoire, je t’emmerde!
___________________________________________________
L'EXPLICATION À TANT DE VIRULENCE:
Suite au commentaire laissé par ce cher Anonyme, ai cru bon d’ajouter une anexe explicative de ce texte un peu trop violent, qui représente assez peu mes convictions profondes.
Tout d’abord, je n’ai pas de frustration accumulée contre mes ancêtres…
Le seul problème que j’ai avec l’Histoire de mon pays, c’est cette nostalgie, cette anémie collective qui affecte la plupart des nationalistes lorsqu’ils repensent à l’époque de M. Lévesque, à la révolution tranquille! Et que font les nationalistes nostalgiques? Tentent-ils de faire entrer leur pays dans une nouvelle ère de gloire? Bah non… Ils se désolent… Et ils rejettent la faute sur le fait que nous sommes des colonisés! Non mais ça en prend du culot! Oublions donc le fait que nous sommes des "loosers" pour une fois et bougeons-nous pour que renaisse la vraie fierté nationale, et PAR DESSUS TOUT pour que nos enfants se fassent radoter autre chose que des échecs lorsqu’on leur fera apprendre l’Histoire de leur pays!
Hasta la Victoria Siempre,
February 23, 2008
IDÉALISME
La démocratie est un concept intéressant. Le rêve de tant de peuples, l’acquis de tant d’autres qui, eux, la salissent.
Le conseil étudiant de mon école (élu dans un système de démocratie représentative, fausse démocratie s’il en est une) s’est mis dans le crâne, cette année, d’instaurer une véritable démocratie directe au sein de l’Association étudiante. Une fois l’Association créée et ces principes fondamentaux regroupés dans une Charte, les fous du conseil étudiant sont devenus les fous du conseil exécutif, dont la tâche serait dorénavant d’appliquer les résolutions votées en Assemblée Générale. Tout devait fonctionner : il y aurait une assemblée toutes les 2 semaines, d’une durée de 40 minutes, où le conseil et les étudiants discuteraient de divers projets. Et en plus, le fait que le projet soit approuvé par plusieurs centaines d’étudiants ne manquerait pas d’influencer la direction!
IDÉALISME QUAND TU NOUS TIENS!
Or, voici ce qui se passa : le moindre débat stérile engendra des pertes de temps significatives qui retardèrent indéfiniment le début des négociations avec la direction.
Résultat : nous sommes en février et n’avons toujours rien achevé, car non seulement la direction ne broncha pas devant les demandes des étudiants, aussi nombreux furent-ils à les réclamer, mais en plus, le conseil, bâillonné par la charte qui lui interdisait d’entreprendre des démarches sans un vote majoritaire en Assemblée, se mit à stagner et à se tourner les pouces.
Et la cerise sur le top: Les étudiants, voyant que rien ne bougeait malgré leur implication, finirent par se désintéresser de la démocratie étudiante et devinrent anarchistes!
C’est ainsi qu’une bande de fous, en voulant faire naître une démocratie, avaient tué les revendications étudiantes.
Ah… Si seulement l’homme pouvait boire l’océan dans un verre d’eau et si seulement il pouvait caresser les étoiles.
Si seulement…
MíaFebruary 20, 2008
ADIÓS, COMANDANTE EN JEFE!
Nous connaissons tous Fidel Castro le Dictateur! Mais connaissons-nous Fidel Castro le Révolutionnaire? Fidel Castro le soldat qui se changea, du jour au lendemain, en brillant Homme d’État? Nous connaissons tous Fidel Castro l’Assassin! Mais connaissons-nous Fidel Castro le penseur? Fidel Castro le Philosophe? Fidel Castro l’Homme du peuple? Celui qui se réjouit, comme il le dit lui-même, que « Hoy todo el país es una inmensa Universidad » (Aujourd’hui tout le pays est une immense université!)?
Non nous ne le connaissons pas, pour la plupart. Et certains se réjouissent de le voir quitter ses fonctions à l’âge de 81 ans, pour qu’enfin cuba connaisse la « liberté ». Je dis « liberté » avec un cynisme évident, car la dernière élection présidentielle démocratique à Cuba mena l’ex-Sergent Batista au pouvoir et que cet acte avait engendré tout sauf la liberté!
Nous oublions que pour plusieurs cubains, le départ de M. Castro ne signifie pas la chute d’un dictateur honni, comme c'est le cas de plusieurs nord-américains. Il signifie plutôt l’incertitude quant à leur avenir. Raúl saura-t-il poursuivre l’idéal de la révolution? Entreront-ils une nouvelle fois en guerre? Les Etats-Unis en profiteront-ils pour frapper un coup mortel au minuscule pays socialiste qui les nargue à quelques kilomètres à peine de leurs côtes? Et si oui, qui défendra Cuba?
Je ne me prononcerai pas tout de suite sur ce qui me semblerait le plus profitable pour Cuba, maintenant que Fidel est parti. Mais je dois dire que cet homme restera dans ma mémoire comme dictateur, certes, mais avant tout pour ce qu’il a vraiment été : « el soldado de las ideas », le soldat des idées.
February 19, 2008
LA FOLIE DES LANGUES
Bon… Je ne m’en sortirai pas sans faire un billet sur la langue pas vrai? Que dire de la mienne, mis à part que je l’ai bien pendue? Bref, fini les niaiseries marxistes, je vais maintenant me prononcer officiellement, comme je l’ai déjà fait sur plusieurs blogs, sur un vrai débat typique de ma société : La langue. AVERTISSEMENT! Certains pourraient être surpris de la chute soudaine de mon radicalisme habituel sur la protection de la culture et de l’idéologie Québécoise. Ben oui, vous l’aurez sans doute deviné, je suis en faveur du satané bilinguisme (Qui sait? M. Trudeau m’a peut-être lavé le cerveau avant ma naissance!)
Je parle 3 langues euh… 4 J. Français et Anglais presque parfaitement, espagnol avec un accent terrible et une lenteur exagérée, et je vous épargnerai l’étalage mes talents en Joual. Voici donc ma situation.
Je suis d’accord avec le fait qu’un Québécois dans un Québec français devrait normalement pouvoir vivre sa vie entière en ne parlant qu’un Français potable. Mais je vous l’avoue humblement, je serais incapable de vivre ainsi. En n’encourageant pas le bilinguisme (ou même le trilinguisme), je soutiens que l’État nous plongerait dans un repli sur soi incomparable. Je ne dis pas cela en parlant de nos gros voisins (qu’ils soient Canadiens où Américains), je parle du MONDE! Et que voulez-vous? Le Monde francophone ne me suffit pas et ne me suffira JAMAIS!
Je vous accorde cependant une chose, comme dirait M. Bourgault : « la langue est une barrière essentielle contre l’impérialisme ». Et ceci est mille fois VRAI! Sauf que de nos jours, même pas besoin d’être anglophone pour être « impérialisé » par nos gros voisins! Et puis, l’une des seules façon d’éviter cette généralisation des médias qui nous transforme tous en légumes à force de nous bombarder d’information souvent incomplète, c’est d’aller voir ailleurs, d’aller lire ailleurs, souvent dans une langue autre que le français.
Un exemple : John McCain. Nos Journaux Québécois en parlent rarement, les journaux démocrates l’injurient copieusement et les journaux républicains le présentent comme un héros de la guerre du VietNam. Mais si on veut avoir une autre perspective de M. McCain? Par exemple : Qu’en pense Fidel Castro qui fut grossièrement accusé par M. McCain d’avoir envoyé des tortionnaires cubains au VietNam durant la guerre? Allez lire « Juventud Rebelde » et vous aurez un tout autre portrait du candidat républicain! Pas objectif direz-vous? « L’objectivité n’existe pas » (Ça, c’est encore Bourgault).
Je ne demande pas à M., Mme tout-le-monde d’aller lire des journaux rebelles cubains! Loin de là! Je leur demande simplement de cesser de bannir le bilinguisme à coup de machette médiatique! Et croyez-moi : nous risquons beaucoup plus d’être « impérialisés » en ne parlant qu’une seule langue qu’en apprenant la langue de nos adversaires.
February 17, 2008
VIVE LE CHE!

À la mort du Che, tous pleuraient la perte du plus grand révolutionnaire de tous les temps et l’échec de la libération des peuples opprimés… Mais cette défaite ne tournerait-elle pas, lentement mais sûrement, en victoire?
Lorsque je lis les journaux Québécois, j’y vois l’Amérique latine telle que le monde entier la voit : Une Amérique déchirée où la guérilla fait rage, où otages et prisonniers souffrent, où la liberté est précaire ou inexistante. Bref, quel enfer que l’Amérique latine! Mais voyez-vous, depuis que j’ai une connaissance TRÈS approximative de l’espagnol, je me plais découvrir l’Amérique latine telle qu’elle se voit elle-même : En changement, en révolution.
La misère qui sévit dans une grande partie de cet immense territoire, comme disait le Che, était le terreau parfait pour que germe une révolution socialiste. Celle-ci est seulement survenue après la mort du Che, mais ceci est un détail. Chávez au Venezuela, Kirchner en Argentine… Qui sait? Cuba a peut-être inspiré tout ça finalement… Un peu en retard, soit, mais…
Je lisais ça dans un journal argentin ce matin… et je me suis dis que ça profiterait à certains Québécois!
"Certains croient qu’ils pourront se sauver tous seuls, lorsque la tragédie affectera tous les autres. C’est important d’apprendre de notre histoire pour ne pas commettre cette même erreur".
– Citation de Christina Fernández de Kirchner (traduction approximative de moi)
Patria o Muerte
Mía
February 15, 2008
IL EST DU DEVOIR MORAL DE TOUS LES INDÉPENDANTISTES D’APPUYER LE KOSOVO
Je ne m’en cacherai pas. Je suis outrée.
Depuis quand un pays tel que la Russie devrait-il se mêler de la merde constitutionnelle foutue en Serbie? Cet acte a un nom : L’impérialisme. Et de quel droit un pays de l’ONU pratique-t-il l’impérialisme? De quel droit ose-t-il priver un peuple de sa liberté? J’étudie la géopolitique. Je connais la puissance de la Russie et les potentiels dangers que courent ceux qui s’y opposent. Mais je vous le dis, à vous, les patriotes qui lisent ce blogue. Le désir de liberté est le même pour des centaines de peuples asservis à travers le monde! Au Québec, nous sommes loin d’être les seuls et c’est pour cela que je clame cette nuit : NOUS DEVONS D’ÊTRE SOLIDAIRES!
J’appuie le Kosovo et je vous demande d’en faire autant, au nom de la liberté.
Hasta la victoria siempre!
February 13, 2008
LIBÉRALISME PUR - L'avocate du Diable
Le libéralisme, dans notre société purement libérale des années 1900-1950, a causé de grands tors à la population: exploitation de travailleurs et de ressources, rejet du filet social, injustices de toutes sortes... Et de plus, les monarques et les privilégiés, sensés être abolis par l'avènement des principes égalitaires libéraux, ont simplement été remplacés par d'autres monarques et privilégiés. Et le fossé entre les classes sociales de cette époque n'a fait que s'élargir.
Mais souvenons-nous d'une chose : si notre société n'était pas libérale, à la base, je ne pourrais peut-être pas injurier à loisir le pathétique gouvernement de mon pays (qui lui aussi se prétend libéral!).
Alors, contestons, révolutionnons, hurlons et haïssons ces "maudits" Libéraux! Tout en étant libéraux nous-même, à la manière d'esprits sans frontières. (Car Dieu sait que les libéraux de M. Charest en ont, eux, des frontières!)
BATTONS-LES DONC À LEUR PROPRE JEU, ET SOYONS PLUS LIBÉRAUX QU'EUX!
Vive le libéralisme,
Mía,
Qui se fait pour votre plus grand plaisir, je l'espère, l'avocate du diable.
February 12, 2008
AH! CE CHER M. BOURGAULT!
M. Pierre Bourgault écrivait en 19quelqu’chose :
« On oublie trop souvent que les idées meurent, tout comme les hommes.»
Peut-être. Mais cet homme est mort et je lis ses écrits polémiques. Il se tient derrière mon épaule alors que j’écris ce texte. Et il rie.
La souveraineté n’est pas morte avec M. Lévesque, elle n’est pas morte avec le suicide politique de M. Parizeau, et elle n’est pas morte avec M. Bourgault. Et je crois que certains auraient SALEMENT intérêt à s’en souvenir. Combien de fois entendez-vous, lorsque vous entamez un débat musclé avec votre entourage, : « J’étais souverainiste, mais je ne le suis plus. », ou encore : « J’ai perdu espoir. », ou encore : « Si M. Lévesque était là j’dis pas, mais… ».
LAISSEZ DONC RENÉ DORMIR EN PAIX SACRAMENT!
D’autant plus que ce texte devait porter sur une déclaration de M. Bourgault… Eh bien personnellement, je lui répondrais en 2008, que « les idées qui meurent, tout comme les hommes, sont remplacées par d’autres ». Ben oui, ça se veut philosophique, mais à mon sens, c’est bien vrai. Le pays idéal a beaucoup changé depuis la création du projet indépendantiste. Et le parti qui défend cet idéal, lui aussi, a changé.
ET PARLONS EN DU PQ!
Je ne suis pas une analyste particulièrement douée, ni une historienne et je n’ai pas fait mon BAC en sciences politiques à l’UQÀM (pas encore), mais j’ai cru remarquer que beaucoup de mes concitoyens considèrent le PQ comme un parti peu fiable qui est en période de « questionnement identitaire ».
AH BEN ÇA C’EST LE « BOUTE »!
Au PQ, il n’y a jamais eu, à mon sens, d’IDENTITÉ propre. Il y a des gauchistes, des droitistes, des lucides, des solidaires, des fumeurs de pot de l’UQÀM et des hommes à cravate de HEC (mes respects aux fumeurs de pot et aux hommes à cravate), et j’oserais ajouter que c’est ce qui fait son charme (au parti pas aux hommes à cravate). Mais bref, je digresse, il n’y a qu’une chose qui unit les membres du parti : L’INDÉPENDANCE! Les batailles idéologiques sont donc inévitables, mais il est primordial de comprendre qu’elles sont SECONDAIRES!
Alors c’est LIMPIDE : On veut un pays, une fois qu’on l’aura ben on se «chamaillera» allègrement pour savoir ce qu’on fera avec.
Pour l’instant, j’appuie Mme Marois et voici mes raisons de le faire : 1.Elle est la femme de la situation. 2.Nous, les péquistes, avons amplement eu le loisir d’exercer notre liberté d’expression durant la courte course à la chefferie, mais maintenant, le moment est venu de se « farmer la yeule » collectivement et de faire front commun devant Harper, Dion, nos VRAIS adversaires. Et comme dirait M. Bourgault, « l’Indépendance, ce n’est pas une récompense, c’est une responsabilité. » Autrement dit, on aura rien sans l’avoir mérité!
Québécoisement vôtre,
Mía
Ps: VIVE BOURGAULT!
February 10, 2008
LA PAGE DE GAUCHE1
J’aime Amir Khadir. Je l’aime et je ne m’en cache pas.
Une femme me dit, un jour, alors que j’avais glissé le nom de M. Khadir dans la conversation, « Que M. Khadir ne le prenne pas personnel, mais j’ai ben d’la misère à me faire dire quoi faire par quelqu’un qui n’est pas pur laine ». Je n’ai pas répondu de peur de faire pleurer la bonne femme…
Seulement, que Mme ne prenne pas ce texte personnel, mais « j’ai ben d’la misère avec les bornés qui sont incapables de considérer l’un des leurs, un homme qui a vécut toute sa vie au pays, qui se bat pour une société juste et qui cite Gaston Miron mieux que n’importe quel autre Québécois, même PUR LAINE STI! »
J’ai grandit en banlieue de la ville de Montréal, métropole cosmopolite par excellence. Pour moi, un Québécois est un Québécois, peu importe son origine, son accent, son langage « coloré » ou non, son opinion politique et sa religion.
Une autre femme me dit, un jour, « M. Khadir est trop en avant de son temps, personne ne l’écoutera et il ne gagnera pas. » Eh bien j’ai répondu cette fois. Et je lui ai dit qu’il était du devoir de chaque citoyen d’entretenir la révolution, du moins spirituelle, dans son entourage. Et je tiens à le dire, j’aime les idées de M. Khadir et je me considère, oui, à la fois lucide et solidaire. Car c’est la lucidité qui finira par unir la société, la solidarité étant un atout essentiel à la survie de la race québécoise dans ce monde en décadence intellectuelle.
Oui, j’aime Amir Khadir. Et le jour où je lui ai serré la main dans un bar de la rue Ontario (ironique non?), j’ai été ravie. Ravie de constater qu’il y avait encore de Grands Hommes, et de Grands hommes politiques au Québec.
Mía
February 05, 2008
HOMMAGE À CHEVALIER DE LORIMIER
Poème patriotique de mon crû en hommage à Chevalier de Lorimier, l'un des dignes pères de la Nation Québécoise
De Lorimier, père d’une Nation
Dites moi, cher ange,
Vous qui fûtes pendu devant la foule hurlante…
Quel était votre crime, la question me démange,
Pour que vous subissiez cette fin sanglante
« Mon seul crime envers ces sans-cœur,
Fut la défaite, ma chère enfant,
Car l’Histoire n’aime que les vainqueurs
Mais souviens-toi…
Que j’ai commis la trahison
Que j’ai fait flamber la rébellion
Sans remords, pour ma patrie,
Dont les plaies, je le sais, se cicatriseront
Et que mes crimes qui n’en furent pas
Que mes délits dont je suis fier
Ne furent commis que pour toi...
Pour que tes enfants, les miens, soient LIBRES
"Libre" est un mot dont j’ignorais le sens
Jusqu’à l’échafaud, jusqu’à la délivrance,
Jusqu’au moment où je commis le sacrifice
Pour ma patrie.
Et chère fille, souviens-toi
Que sans te connaître, je t’aimais déjà
Au point de mourir pour toi
Sans aucun remords…
VIVE LA LIBERTÉ, VIVE L'INDÉPENDANCE! »
De Lorimier…
Plus que jamais Chevalier,
Qui était mon père, il y a deux cents ans,
Je m'en souviendrai...
February 02, 2008
LA RÉFORME
Monsieur Facal,
La présente est pour vous remercier de m’avoir ouvert les yeux par vos hauts cris anti-réformistes. Je vous remercie de m’avoir fait réaliser, qu’en tant qu’enfant de la réforme, je suis une ratée et une erreur de parcours. Je vous remercie aussi de me faire réaliser à quel point ma grammaire est déficiente, à quel point mon 92% en mathématiques est inquiétant et à quel point l’histoire de mon pays m’est étrangère.
Mais attendez une seconde! Permettez moi une légère rétrospective!
Lorsque, dans les années 90, on a voulu abolir les commissions scolaires religieuses, la province a tout de suite poussé des hurlements d’horreur! Voyons! Nos enfants allaient tous devenir des gens immoraux qui ne connaîtraient pas les enseignements du seigneur! C’est donc en femme immorale et ignorante que je vous écris aujourd’hui pour vous supplier de tenter, du moins, de comprendre la nécessité du changement.
Monsieur Facal, les adultes bien-pensants qui animent ce débat depuis des semaines se foutent royalement du point de vue d’une étudiante de 15 ans… Mais sachez que l’on insulte les étudiants en les traitants d’arriérés et d’ignorants. Vous parlez de chiffres et de notes dans votre texte, alarmé que vous êtes de la baisse des résultats scolaires. Mais vous semblez perdre de vue que l’objectif final de cette réforme de l’éducation vise à améliorer la « qualité » des futurs citoyens…
Quelle différence y a-t-il entre un 85% et un 75%? Et quel impact aura cette « baisse drastique des résultats » sur le futur citoyen? En ce qui me concerne Monsieur Facal, je crois que la majorité des connaissances que l’on m’apprend à l’école influenceront très peu mon futur cheminement personnel. Par contre, les compétences que l’on m’y inculque me seront utiles peu importe le chemin qui sera le mien. Et je considère que s’il y a un enrichissement qu’il faille garder au programme scolaire, c’est bien celui-là.
Sachez de surcroît que beaucoup des statistiques que vous citez dans votre texte sont démenties par une lettre d’opinion publiée dans le Devoir du 2 février 08 intitulée ironiquement "autodéfense intellectuelle".
Mía
January 31, 2008
CITOYENNE DU CANADA ET DÉGOÛTÉE DE L'ÊTRE!
Un autre de mes textes favoris, publié au Devoir le 7 janvier 2008
CITOYENNE DU CANADA ET DÉGOÛTÉE DE L'ÊTRE
Je suis citoyenne du Canada. Non par choix. Mais si j'avais une résolution du Nouvel An à proposer au gouvernement conservateur, ce serait de commencer à faire preuve de conscience sociale, de cesser d'agir de façon écologiquement irresponsable et d'arrêter de nous faire mourir de honte sur la scène internationale.
Mais je ne suis pas très optimiste, je l'avoue. Autant demander à Stephen Harper de cesser d'être Albertain ou demander à son parti de cesser d'être conservateur. Étant fondamentalement indépendantiste, je ne suis pas convaincue que la fédération canadienne serve à quoi que ce soit. Ainsi, je lance un ultimatum à ce gouvernement franchement horripilant: Prouvez-moi le contraire! Osez assumer le rôle de conciliateur pacifique que votre pays a revendiqué tant de fois aux Nations Unies jusqu'à votre arrivée!
En attendant, j'aurai honte d'être Canadienne et ma ferveur patriote n'en sera que décuplée. Arrogante direz-vous? Certes. Mais citoyenne. C'est tout.
Mía
VIVE LE CAPITALISME!!!
VIVE LE CAPITALISME!
Mon père est un capitaliste. Pour lui, l’économie est une chaîne, comme la chaîne alimentaire, où les gros mangent les petits depuis la nuit des temps. Tout le monde travaille fort, certains font des profits et chacun essaie de tirer son épingle du jeu et d’y survivre.
Pour lui, les chinois employés à 10 cents de l’heure sont des salariés comme les autres qui font un bon salaire compte tenu de leur niveau de vie et qui sont libre d’aller travailler ailleurs. Où? Euh ben… Chez un autre exploiteur, bien sur!
Mais la véritable question est : Mon père le capitaliste irait-il travailler dans ses conditions de bon cœur en se considérant chanceux de détenir un emploi aussi dégradant? Voici la réponse : BIEN SUR QUE NON! C’est que voyez-vous, le pays de mon père ayant accompli une révolution sociale-démocrate il y a quelques années, mon père le capitaliste a eu la chance de s’élever au dessus de la condition de ses ancêtres canadiens-français qui vivaient dans le libéralisme pur d’avant-révolution!
Mais mon père le capitaliste a-t-il seulement conscience de devoir une partie de son confort personnel à des valeurs socialistes révolutionnaires? « Ben voyons, ça n’a rien à voir! Et pis si les Chinois sont mécontents, qu’ils fassent leur propre révolution! » dit-il sans mentionner au passage que si s’était effectivement le cas, sa compagnie irait engager au Pakistan ou en Indonésie…
Où en serait le Québec sans la sociale-démocratie? Et où en serait mon père le capitaliste? Eh bien il travaillerait probablement dans une usine… faute d’avoir eu une éducation accessible!
Alors à quoi bon? VIVE LE CAPITALISME! ET AU DIABLE LA SOCIALE-DÉMOCRATIE! (Elle n’a pas été faite par les chinois alors tant pis pour eux!)
Capitaliste et fière de l’être,
HOMMAGE À LA LANGUE DU QUÉBEC!
PARESSE OU INSOUMISSION?
À ceux qui n’ont que le mot langue à la bouche ces temps-ci…
J’aime la langue québécoise! Je l’aime parce qu’elle est parfois à mon image. Mon image d’étudiante révolutionaire (parfois délinquante), j’y tiens. Et s’il reste ne serait-ce qu’une parcelle de révolution dans le Québec passif des années 2000, c’est bien dans l’insoumission que reflète le vocabulaire parfois grossier, mais toujours coloré de la langue québécoise.
ET À DÉFAUT D’ÊTRE LIBRES QUE NOTRE LANGUE LE SOIT, TABARNAK!
LE PAYS DES PARADOXES
L’un de mes texte favoris, écrit pour Hervé Fisher, publié dans le Devoir; édition du 29 septembre 2007…
Le pays des paradoxes
Le Québec réel? C'est un paradoxe... C'est le plus grand pays du monde (géographiquement) où l'unique langue officielle est le français. Mais où celui-ci dépend d'une loi pour survivre. C'est un pays où l'or bleu est la principale source d'énergie. Mais où l'on accepte qu'il soit pillé au profit des multinationales. C'est un pays qui est né de la fusion de peuples immigrants en quête d'un idéal. Mais où une simple vague médiatique suffit à déclencher des accès de xénophobie.
Le Québec imaginaire est celui de M. Jean Charest. Un Québec où tous suivent comme des moutons (pardonnez ce jeu de mot affreux) le gentil berger Harper. Le Québec imaginaire est celui de M. Dumont.
Un Québec où un radicalisme de droite pointe derrière le masque populiste. Un Québec peureux, replié sur lui-même, intolérant.
Mais heureusement, ces idéaux duplessistes sont ce qu'ils sont: des chimères. Car le véritable Québec, à défaut d'être un pays indépendant, est un esprit indépendant!



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